L’annonce a fait l’effet d’une décharge électrique dans le milieu de l’AdTech. OpenAI officialise l’arrivée de la publicité sur sa version gratuite et son offre « Go ». Mais c’est le ticket d’entrée qui stupéfie : un CPM (coût pour mille impressions) fixé à 60 dollars.
Pourquoi le CPM est-il aussi élevé ?
Le positionnement tarifaire d’OpenAI n’est pas le fruit d’une déconnexion du marché, mais d’une ambition de rupture. Là où Google Ads se base sur des mots-clés et Meta sur des signaux comportementaux, ChatGPT se place au cœur de la conversation.
L’argument de Sam Altman est limpide : capter l’utilisateur au moment précis où son intention se formule, avant même la phase de considération. Lorsqu’un utilisateur demande à l’IA « Comment organiser un voyage de noces éco-responsable ? », il livre une intention d’achat brute et non filtrée. Pour une marque, apparaître sous cette réponse est une opportunité de « pré-ciblage » unique. C’est cette proximité avec l’intimité cognitive de l’utilisateur qu’OpenAI facture au prix fort.
Le paradoxe de 2026 : le premium sans la mesure
C’est ici que le bât blesse pour les experts media. En 2026, alors que l’écosystème publicitaire ne jure que par l’attribution granulaire et le pilotage au ROI, OpenAI nous propose un retour vers le futur… du display classique.
- Absence de tracking de conversion : pour l’instant, les annonceurs doivent se contenter des clics et des impressions
- Reporting opaque : pas de détail sur le contexte sémantique exact des requêtes ayant déclenché l’annonce.
- Vente de gré à gré : le self-service n’est pas encore d’actualité, limitant l’accès aux très grands comptes.
On se retrouve face à un produit hybride : un tarif de télévision premium pour un outil de performance qui ne dit pas encore son nom.
La pensée d’Orixa : faut-il y aller ?
Chez Orixa Media, notre lecture est celle d’un arbitrage entre « Test & Learn » stratégique et prudence opérationnelle.
Les raisons d’y croire
- Un enjeu de « First Mover » indéniable
Pour les marques leaders, occuper ce terrain est une question de leadership perceptuel. Être la première marque de cosmétiques suggérée par l’IA lors d’une routine beauté, ou la première compagnie aérienne citée pour un voyage familial, offre un avantage concurrentiel psychologique qui dépasse largement le ROI immédiat. C’est l’équivalent publicitaire d’être « featured » par l’algorithme.
- Une audience qualifiée et engagée
Les utilisateurs de ChatGPT ne scrollent pas distraitement : ils posent des questions, réfléchissent, comparent. Leur niveau d’attention est structurellement supérieur à celui des plateformes sociales.
Les raisons de rester vigilant
- Le risque de la « Fatigue de l’IA »
Avec un ticket d’entrée aussi élevé et une mesure limitée, le risque de déception est réel. Si l’intégration publicitaire dégrade l’expérience utilisateur (le fameux clutter), ou si les réponses deviennent trop « sponsorisées », l’efficacité du format pourrait s’effondrer après l’effet de curiosité initial.
- L’absence de benchmarks
Contrairement à Meta ou Google où des années de données permettent d’optimiser au centime près, ChatGPT Ads navigue encore à vue. Difficile de justifier 60$ du CPM sans KPI comparables.
Notre recommandation
Anticiper ce tournant, évidemment. Pour les marques premium ou en position de challenger sur leur marché, tester ChatGPT Ads en 2026 n’est pas une option — c’est une nécessité stratégique.
Mais toujours avec prudence :
- Budgets limités et encadrés (5-10% du budget test)
- KPI qualitatifs en parallèle des métriques de performance (brand lift, études ad hoc)
L’ère de la publicité conversationnelle s’ouvre. Mais comme pour toute transformation, mieux vaut y entrer les yeux ouverts. Orixa vous accompagne dans ce changement de paradigme. Prêts à vous lancer ? Contactez-nous.